Célestin Freinet (1896-1966)

Enfant, Freinet s'est toujours ennuyé à l'école. Jeune adulte, il devient instituteur et promeut, avec sa femme, un enseignement qui s'écarte de l'enseignement classique. Il développe l'utilisation de l'imprimerie, la fabrication d'un journal de classe, le travail en coopérative... Il s'intéresse au mouvement de l'Education nouvelle et peu à peu se voit écarté de l'enseignement traditionnel. 

 

En 1935, il ouvre la première école privée prolétarienne. Sa pédagogie ne sera reconnue que tardivement. 

Sa "touche" personnelle

Le matériel, les outils, permettent à l'enfant de structurer et fixer sa pensée. L'enfant est actif. Dans son expérience, l'imprimerie est ce symbole : elle offre aux enfants le pouvoir d'apprendre à s'exprimer librement, à lire et à écrire en toute autonomie. 

 

L'enfant s'intègre dans sa communauté, il communique ses idées (correspondances entre écoles) à des personnes qui l'écoutent ou le lisent. Freinet souhaite transmettre aux enfants la libre expression, comme une autorisation à parler de soi et de sa vie et découvrir qu'elle intéresse les autres. 

 

"Toute méthode est regrettable qui prétend faire boire le cheval qui n'a pas soif. Toute méthode est bonne qui ouvre l'appétit de savoir et aiguise le besoin puissant de travail." 

 

L'enseignant est amené à faire confiance aux enfants, le but de la pédagogie étant de faire des enfants des "êtres autonomes, libres et responsables". Il intègre les réunions-forums, la gestion de la classe par l'ensemble des enfants. L'autorité ne vient pas des enseignants mais du groupe. 

 

En groupe, les enfants découvrent, s'expriment, trouvent le sens de leur apprentissage; puis, dans un travail individualisé, ils consolident les notions apprises de façon plus formelle et méthodique.  La classe est une communauté de petits chercheurs : les tables sont placées de telle sorte qu'ils puissent former des groupes et travailler ensemble. 

 

"C'est en marchant que l'enfant apprend à marcher, c'est en parlant qu'il apprend à parler, c'est en dessinant qu'il apprend à dessiner."

 

L'enfant apprend de ses propres expériences, à son rythme, à partir de questionnements qui le motivent. Il est important de le laisser tâtonner, l'erreur n'est pas à éviter à tout prix, elle est le signe que l'enfant cherche. L'enfant, pour expérimenter, doit se sentir en sécurité, libre de se tromper, libre de s'exprimer et de faire des essais. 

 

Pour Freinet, le plus important est de comprendre pourquoi on fait les choses, d'être dans une situation authentique et non de "faire semblant", d'avoir un but et de produire à son rythme. 

 

La nature est un outil de travail. Il organise des classes-promenades, les enfants rencontrent des ouvriers agricoles, des artisans du village. L'enfant n'est pas coupé du monde, il est dans la vraie vie : apprendre dans la réalité du quotidien augmente la qualité des apprentissages.